Leçon :La critique interne
À propos de la leçon

Après avoir établi ou contrôle l’identité du témoin, restitué matériellement son témoignage et retrouvé ses sources, il reste à jauger son crédit; c’est l’objet de la critique interne aussi nommée «critique du témoin» ou encore «critique de crédibilité

La critique interne comporte deux examens:

1. La critique d’interprétation (dite aussi herméneutique ou exégèse):

Elle établit le sens du document, précise ce que l’auteur a dit et ce qu’il a voulu dire. Il s’agit, en d’autres termes, de bien comprendre ou de bien interpréter le document et de bien savoir ce que l’auteur a dit. Cette interprétation passe par deux durées: le sens littéral et le sens réel.

a) Le sens littéral:

L’historien s’attache d’abord à préciser la signification, à établir le sens de chaque mot.

b) Le sens réel :

Il ne suffit pas de savoir ce que l’auteur a dit, il importe aussi et surtout de s’intéresser à ce qu’il a voulu dire. Le texte, en effet, peut contenir un message secret, cacher un sens qui ne sera compris que des initiés. C’est le cas dans tous les documents codés, particulièrement en diplomatie, en temps de guerre et même pour certaines traditions orales.

2. La critique d’autorité:

Elle va établir le crédit, la confiance que l’auteur mérite. Il s’agit de retrouver à travers les idées du texte les faits. Pour cela l’historien se pose trois questions:

a) L’auteur a-t-il bien observé ?: Etait-il capable de bien observer? Ses sens sont-ils normaux ? Ne souffre-t-il pas de myopie, de daltonisme ?  Dispose-t-il d’une capacité intellectuelle et des qualités voulues pour observer et comprendre le sens de l’événement qu’il a décrit ou rapporté ? Etait-il exempt de préjugés ? (D’où nécessité d’étudier les buts poursuivis). Il s’agit de la compétence du témoin.

b) L’auteur a-t-il noté correctement son observation?: Comment l’auteur a-t-il mis par écrit son observation? N’a- t-il pas commis certaines erreurs involontaires dues à l’infidélité de la mémoire, à la faiblesse intellectuelle (le témoin est incapable de s’exprimer; il ne trouve pas les termes propres), à l’intrusion de l’imagination ? Est-il précis, méticuleux ? Se soucie-t-il du détail ? Il s’agit de l’exactitude de l’auteur.

c) L’auteur n’a-t-il pas volontairement travesti, changé les faits ?: Quel crédit faut-il accorder aux faits, aux événements qu’il rapporte ? N’a-t-il pas des raisons évidentes de les déformer ? Pour répondre à ces questions, deux sortes d’enquêtes sont prévues:

  • L’enquête positive: Elle consiste à s’enquérir de l’honnêteté du témoin. Est-il honnête, assez honnête pour dire la vérité même sil a intérêt à l’omettre ou à la travestir ? 1 n’est pas facile d’y répondre.
  • L’enquête négative: Celle-ci est plus rare. Elle se fonde sur cette affirmation que nul ne ment sans raison». Il faut donc chercher les motifs qui auraient pu décider le témoin à celer la vérité, à altérer les faits, à mentir. Si l’on ne découvre pas ces motifs, on peut conclure que le témoin a été sincère.

Plusieurs motifs peuvent amener quelqu’un à déformer à dessein les faits , se laver d’une accusation (ce qu’on retrouve souvent dans les mémoires), servir une cause nationale, familiale, sociale, politique, religieuse, plaire à son public, chercher certains avantages. Il y a lieu de noter également la haine, la passion, l’esprit de vengeance, la
sympathie ou l’antipathie. Il s’agit de la sincérité de l’auteur (valeur de la notation).

Fichiers de l’exercice
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